Centre hospitalier - Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent - Gentilly

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Roger Misès

Roger Misès est décédé le 23 juillet 2013.

Né en 1924 à Paris, il choisit la psychiatrie dès la fin de ses études de médecine, pour rapidement se destiner à la pédopsychiatrie hospitalière, devenant en 1957, Chef de Service de la Fondation Vallée. C’est dans ce lieu, légué par le pédagogue Hyppolite Tranquille Vallée à la préfecture de la Seine en 1885 pour qu’on y éduque « les enfants débiles et pauvres », que Roger Misès exprimera tout au long de sa vie, la richesse de sa créativité, dans des domaines extrêmement variés mais toujours complémentaires, articulés dans une synergie qui donnait à sa pensée une cohérence et une efficacité exceptionnelle.

A son arrivée, ayant en tête le passage de Seguin et de Bourneville, déjà guidé par sa profonde humanité, il est terriblement choqué par les conditions de vie et de « non-soin » des enfants étiquetés « inéducables » ou « gâteux », regroupés dans un chaos asilaire dont il disait lui-même, l’irreprésentable pour qui ne l’avait pas connu. Il dépasse alors le découragement qui avait saisi ses prédécesseurs, pour prendre le temps de véritablement rencontrer les enfants et les quelques soignants présents, dont une partie venait de l’hôpital de Bicêtre suite à des sanctions disciplinaires. Grâce à son exceptionnelle capacité de travail, à sa lumineuse intelligence, à ses capacités de synthèses époustouflantes, mais aussi à son intense sensibilité, le miracle se produit : Roger Misès laisse peu à peu se déployer toute l’ampleur de sa personnalité, enseignant hors pair (il est nommé professeur de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent à l’Université Paris Sud en 1973 et forme des pédopsychiatres en France et dans le monde entier), psychanalyste de terrain, et véritable artisan passé maître du tissage des liens (il est nommé membre Titulaire de la Société Psychanalytique de Paris en 1965). Entre 1957 et 1990, il rénove patiemment et avec une détermination de tous les instants, les murs et les esprits de la Fondation Vallée, créant, à partir de son expérience des psychoses infantiles, le concept de « Cure en Institution » fondé sur un trépied toujours actuel (approche conjointe thérapeutique, éducative et pédagogique). La révolution architecturale aboutit à la naissance de petites unités permettant une vie décente et chaleureuse aux enfants en grande souffrance psychique. Mais elle est loin de ne représenter qu’une simple vitrine: comme tout ce que construit Roger, cette pierre reste profondément et judicieusement articulée à d’autres, donnant à l’édifice une solidité, mais aussi une élasticité rares. Ainsi, ses nombreux écrits théoriques (L’enfant déficient Mental, PUF, 1975 ; La cure en institution, ESF, 1980 ; Les pathologies limites de l’enfance, PUF, 1999) restent indissociablement liés à son minutieux et très concret travail de démembrement clinique, rendu possible par son incroyable talent à entrer en communication avec les enfants et à saisir leur humanité. Il prend aussi leur défense sur de multiples plans : remplacement de l’internement d’office par un régime d’hospitalisation ordinaire ; création du secteur pédopsychiatrique en France avec les formidables progrès engendrés par la possibilité de soins de proximité, précoces et variés ; création de structures originales, comme les Hôpitaux de jour puis les Centres d’Action Thérapeutiques à Temps Partiels, cherchant à diversifier les modes d’approches en fonction des pathologies ; création et supervision de la Classification Française des troubles Mentaux de l’Enfant et de l’Adolescent (quatrième édition en 2002) et de la Classification des handicaps, qui sauvegardent une approche psychopathologique etc. Dans tout ce travail, Roger sait rester pragmatique et prône avant l’heure l’idée que l’évaluation des pratiques est essentielle pour avancer : avec Roger Perron, au sein du laboratoire d’étude génétique de la personnalité (CNRS), il effectue plusieurs études concernant le devenir des enfants atteints de psychoses infantiles et pris en charge à la Fondation Vallée, études qui font encore référence aujourd’hui.

Tout au long de sa vie, Roger Misès a gardé une exigence à la mesure de toutes les facettes de son intelligence : il n’a jamais sombré dans la caricature, s’est toujours opposé, comme il y a quelques mois encore, aux trop grandes simplifications qu’elles soient psychanalytiques ou neurobiologiques, pour privilégier une approche multidimensionnelle du soin, prenant en compte la dimension du handicap, la souffrance des familles qu’il savait faire toucher du doigt à ses étudiants. Luttant contre les trop grandes segmentations devenant stériles, mais aussi contre les tautologies quelles qu’elles soient, Roger a su impulser, par son engagement indéfectible, son authenticité absolue et sa force morale inébranlable, une dynamique de fond qui reste celle de notre spécialité : rester attacher aux racines psychodynamiques qui seules permettent d’approcher le fonctionnement psychique global de l’enfant, être dont il se plaisait à répéter qu’il était tout sauf un adulte en miniature ; nous ouvrir aux découvertes nouvelles en gardant à l’esprit qu’il faut les utiliser en prenant en compte la singularité de chaque cas ; chercher à aller, tout en le respectant, vers les profondeurs de l’être, plutôt que de ne s’attacher qu’à la surface des symptômes qu’il nous montre, ce qui nécessite de s’engager vraiment, sans se perdre, dans la rencontre émotionnelle avec l’enfant et sa famille.

Professeur Catherine Jousselme, Université Paris Sud,

Chef de service de la Fondation Vallée

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